La santé menstruelle n’est pas un luxe. C’est un droit.

Yeewi Association et cinq organisations partenaires publient une note de plaidoyer pour l’intégration de la santé menstruelle dans les politiques publiques au Sénégal.

 

Au Sénégal, 45 % des écolières s’absentent chaque mois de l’école pendant leurs règles. 99 % des établissements publics ne disposent pas de toilettes séparées. Les protections périodiques sont taxées à 18 %, comme un produit de luxe. Ces chiffres ne sont pas des anecdotes, ils mettent en lumière l’invisibilisation structurelle des expériences menstruelles.

 

Un silence qui coûte cher

Les menstruations restent un sujet tabou au Sénégal. Entre injonctions au « mougn« , normes sociales et invisibilisation dans l’espace public, les personnes menstruées grandissent dans le silence. En effet, 83 % des filles n’ont reçu aucune information sur leurs règles avant leurs premières menstruations et 55 % éprouvent de la honte pendant leurs règles. Ce silence n’est pas culturellement inévitable, mais bien entretenu par l’absence d’éducation menstruelle dans les programmes scolaires, par l’absence de formation des personnels de santé, par l’absence de politique publique dédiée. Et cela a un coût : sur la scolarisation des filles, sur leur capacité d’agir, sur leur santé.

 

 

Une note de plaidoyer, un acte collectif

Pour nommer ce qui est tu et exiger ce qui est dû, six organisations de la société civile sénégalaise (ApiAfrique, AMFE, Consortium Jeunesse Sénégal, Kitambaa, Weerwi et Yeewi Association) ont constitué le premier comité de plaidoyer spécifiquement dédié à la santé menstruelle au Sénégal. Ensemble, elles ont co-construit et publié une note de plaidoyer à l’occasion de la Journée mondiale de “l’hygiène menstruelle” du 28 mai 2026.

Cette note est le fruit d’un processus collectif, entre sessions de travail, consultations, contributions de chaque membre du comité. Elle a été pensée pour que chaque voix compte et que chaque organisation soit véritablement co-autrice du document final. Notre but : poser les bases d’un plaidoyer collectif, évolutif, et surtout qui a vocation à être complété par d’autres pour en faire un mouvement.

 

 

Quatre actes exigés à l’État sénégalais

La note identifie quatre verrous qui maintiennent l’expérience menstruée dans l’indignité (infrastructures inexistantes, protections inaccessibles, silence organisé, absence de politique nationale) et formule des recommandations concrètes et actionnables. Avec ce cadre posé, des demandes d’audiences adressées à nos cibles de plaidoyer, avec des actions concrètes :

A.Éduquer et informer

Inscrire la santé menstruelle dans les programmes scolaires dès le primaire, former les personnels éducatifs et de santé, produire des ressources en langues nationales.

B. Construire

Rendre obligatoire la construction de toilettes séparées dans tous les établissements publics, créer un espace de dignité menstruelle dans chaque école.

C.Garantir la gratuité

Adopter une loi garantissant des protections périodiques gratuites et de qualité dans les écoles, prisons et centres d’hébergement pour femmes.

D. Supprimer les taxes

Classer les protections comme produits de première nécessité et supprimer intégralement la TVA de 18 %.

D’autres États africains ont déjà agi (le Kenya dès 2004, le Rwanda en 2019 avec une baisse documentée de 20 % de l’absentéisme scolaire). Le Sénégal dispose des mêmes leviers. La question est de décider que c’est prioritaire.

La note est disponible en intégralité ci-dessous. Elle est publique, elle est collective, et elle est faite pour circuler.

Pour toute demande de présentation ou d’audience : yeewi.contact@gmail.com